Protéger les commerces ne suffit pas, il faut leur permettre de travailler !
La Fédération Française des Associations de Commerçants salue la mobilisation renforcée des forces de sécurité et de secours ce samedi 24 octobre. Les moyens importants que nous réclamions dès le début du mois d’octobre ont été au rendez-vous. Nous remercions les policiers, les gendarmes et les sapeurs-pompiers mobilisés pour protéger les personnes, les commerces et nos centres-villes.
Ce dispositif a contribué à limiter les dégradations et les pillages. Mais des vitrines protégées ne signifient pas une activité commerciale préservée.
Avec plus de 400 000 manifestants en France, dont 110 000 à Paris selon le ministère de l’Intérieur, cette deuxième journée de manifestations a de nouveau empêché les commerçants de travailler, dans des centres-villes transformés en forteresses, avec des commerces barricadés et des clients dissuadés de se déplacer.
Accès restreints, habitants inquiets, fermetures préventives : depuis une dizaine de jours, les commerçants subissent des pertes d’activité qu’ils ne peuvent durablement supporter. Pendant ce temps, les grandes plateformes continuent de vendre jour et nuit. Chaque journée de blocage fragilise davantage nos commerces de proximité et détourne une partie de leur clientèle.
Nous refusons que la fermeture des commerces devienne, chaque samedi, une condition de leur sécurité.
Le droit de manifester, constitutionnellement protégé au titre de la liberté d’expression collective des idées et des opinions, doit pouvoir s’exercer dans le respect de la sécurité de tous et de la liberté de travailler. Les commerçants et leurs salariés doivent, eux aussi, pouvoir exercer librement leur activité. Il appartient à l’État de garantir un équilibre entre l’exercice du droit de manifester, la liberté de travailler et la protection des personnes et des biens.
Les commerçants, leurs salariés et les habitants ne peuvent subir, semaine après semaine, la peur, les violences et la paralysie de leurs quartiers.
Alors même que de nouvelles manifestations sont annoncées le 31 octobre prochain, à l’occasion d’Halloween, ainsi que des grèves le 5 novembre, nous demandons au Gouvernement de reprendre durablement la maîtrise de la situation : maintenir les moyens de protection, garantir l’accès aux commerces et apporter une réponse judiciaire ferme aux auteurs de violences, de dégradations et de pillages. Le sentiment d’impunité des casseurs doit cesser.
Mais la réponse sécuritaire ne suffira pas. Le Gouvernement doit également apporter des réponses concrètes à la crise sociale et aux attentes des lycéens et des étudiants. Il lui appartient d’engager un dialogue permettant une sortie de crise durable.
À l’approche de la préparation des fêtes de fin d’année, période décisive pour tant de commerces, nous ne pouvons accepter que cette situation s’installe. Il est impossible d’envisager plusieurs semaines supplémentaires de blocages et de fermetures.
L’État doit garantir un retour durable à la sécurité, à la confiance et à une vie commerciale normale. Nos commerçants doivent pouvoir accueillir leurs clients sereinement et vivre de leur travail.
Lionel SAUGUES / Président
Fédération Française des Associations de Commerçants (FFAC)
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