Je suis profondément scandalisé.Dès le 5 octobre, la Fédération Française des Associations de Commerçants alertait solennellement le Premier ministre, avec copie au ministre chargé du Commerce, sur les risques de violences, de pillages et de dégradations susceptibles de frapper une nouvelle fois nos commerces et nos centres-villes.
Notre Fédération avait pris soin de relayer les inquiétudes des unions commerciales de toute la France et de proposer des mesures concrètes d’anticipation, de coordination et de protection. Plusieurs de nos adhérents avaient également alerté les préfets dans leurs territoires.
Depuis, malgré l’urgence de la situation, nous n’avons reçu aucun appel des services du Premier ministre ou du ministre chargé du Commerce.
Aujourd’hui, ce que nous redoutions est arrivé.
Face à l’inaction du Gouvernement, le chaos s’installe et les émeutes se répètent désormais régulièrement dans notre pays.
Hier, nous avons assisté à de véritables scènes de guerre. De toute la France, les remontées se multiplient : vitrines brisées, commerces pillés ou dégradés, professionnels contraints de fermer, salariés empêchés de travailler et centres-villes abandonnés aux casseurs.
À Lyon, j’ai personnellement assisté à des commerces attaqués, des vitrines détruites et des rues saccagées, face à des commerçants et des habitants totalement désemparés. Des individus violents ont pu détruire en quelques minutes le travail de plusieurs années, parfois de toute une vie.
Place Bellecour, l’Office du tourisme de Lyon a été ravagé par les flammes après avoir été attaqué par des casseurs. Cette image terrible symbolise à elle seule le niveau de violence et de désordre atteint au cœur de nos villes.
Les policiers et les gendarmes présents sur le terrain accomplissent leur mission avec courage, dans des conditions extrêmement difficiles. Ils doivent bénéficier de notre soutien total. Mais force est de constater que les moyens mobilisés n’ont pas permis d’empêcher les violences et les pillages constatés dans plusieurs villes françaises.
Manifester est un droit, et les attentes exprimées par notre jeunesse sont, pour nombre d’entre elles, légitimes et doivent être entendues. Mais nous ne pouvons accepter que des délinquants, qui n’ont rien à voir avec les revendications et les mobilisations étudiantes, profitent de celles-ci pour piller, casser, incendier et agresser. Ces actes constituent des délits et doivent entraîner une réponse immédiate et ferme.
Nos commerçants ne peuvent plus être les victimes collatérales permanentes de chaque mouvement de violence. Nos centres-villes ne peuvent pas être abandonnés aux pilleurs et aux casseurs.
Si les effectifs des forces de sécurité intérieure ne permettent pas de protéger simultanément les personnes, les commerces et les centres-villes, nous demandons au Gouvernement d’engager immédiatement tous les renforts nécessaires.
Nous demandons également que soit examiné, dans le strict respect du cadre légal et de manière exceptionnelle, un appui des armées comparable aux dispositifs mobilisés dans le cadre de Vigipirate et de l’opération Sentinelle.
Cet appui pourrait concerner la surveillance de certains sites et bâtiments sensibles afin de libérer des effectifs de police et de gendarmerie pour leurs missions de maintien de l’ordre, d’intervention et de protection des commerces.
Il ne s’agit évidemment pas de confier aux militaires des missions de maintien de l’ordre ou de les opposer aux manifestants, mais de mobiliser toutes les ressources disponibles afin que les forces de sécurité intérieure puissent concentrer leurs moyens sur l’interpellation des casseurs et la protection immédiate de la population.
Nous demandons une nouvelle fois :
-des renforts policiers et de gendarmerie adaptés à l’ampleur des risques ;
-la protection prioritaire des rues commerçantes et des centres-villes ;
-des interpellations rapides et une réponse judiciaire ferme à l’encontre des auteurs de violences, de pillages et de dégradations ;
-une information en temps réel des commerçants et de leurs représentants ;
-des dispositifs immédiats, simples et rapides d’accompagnement et d’indemnisation des professionnels touchés ;
-la réunion sans délai des représentants du commerce par le Premier ministre et le ministre chargé du Commerce.
À quand une prise en compte réelle de nos alertes et de la détresse des commerçants ?
L’État doit assurer la sécurité des personnes, des biens et de tous ceux qui ne demandent qu’à travailler. Il doit également protéger les forces de l’ordre et leur donner les moyens d’accomplir pleinement leur mission.
En cette soirée particulièrement douloureuse, mes premières pensées vont à tous les commerçants, artisans et salariés dont les établissements ont été pillés, incendiés ou dégradés.
Je veux leur témoigner, au nom de toute la Fédération Française des Associations de Commerçants, notre solidarité et notre soutien les plus sincères.
Je pense également aux habitants touchés, ainsi qu’aux policiers, gendarmes, sapeurs-pompiers et agents publics mobilisés sur le terrain dans des conditions éprouvantes.
La FFAC sera aux côtés des commerçants et des artisans pour porter leur voix, défendre leurs droits et demander que les préjudices subis soient rapidement reconnus et indemnisés.
Au nom de la Fédération Française des Associations de Commerçants, nous demandons au Gouvernement d’agir immédiatement.
Fédération Française des Associations de Commerçants (FFAC)
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